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Glenn Miller : le chef d'orchestre qui n'a jamais atterri

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Le 15 décembre 1944, le major Glenn Miller embarque à bord d'un Noorduyn Norseman monomoteur à la base de Twinwood Farm, dans le Bedfordshire, pour rejoindre Paris où il devait organiser un concert pour les troupes alliées. L'appareil a traversé la Manche et n'a plus jamais été revu. Miller, le pilote et un autre passager ont disparu.

Qui il était

Miller était sans doute le musicien le plus populaire d'Amérique. Il avait renoncé à une carrière civile très lucrative pour s'engager, et dirigeait l'orchestre de l'Army Air Force, qui se produisait pour les troupes à travers le Royaume-Uni. Sa disparition constitua un événement notable pour le moral et ne fut annoncée que plusieurs jours plus tard.

Ce qui s'est le plus probablement passé

La météo ce jour-là était mauvaise : conditions givrantes, plafond bas et brouillard. Le Norseman était un robuste appareil utilitaire, mais monomoteur, non équipé pour le vol aux instruments sérieux, et sans capacité de dégivrage digne de ce nom.

Le givrage du carburateur est l'explication la plus souvent avancée, et elle concorde : dans les conditions de température et d'humidité présentes, de la glace peut se former dans le carburateur et étouffer le moteur. Au-dessus de la Manche en décembre, une panne moteur ne laisse qu'une issue à un monomoteur. Le givrage de cellule est une alternative tout aussi plausible.

L'appareil volait sans plan de vol déposé de façon à permettre l'organisation rapide de recherches, et le temps que l'on constate son absence, plusieurs jours de mauvais temps avaient passé sur la Manche.

Les versions concurrentes

Largage de bombes amies. Un récit largement diffusé veut qu'une formation de bombardiers de la RAF de retour de mission ait largué ses bombes sur une zone désignée de la Manche, et qu'un navigateur ait ensuite signalé avoir vu un petit appareil en dessous. La compatibilité de l'heure et de la position avec le vol de Miller a été débattue en détail sans jamais être tranchée. Le récit est plausible dans ses grandes lignes et non prouvé dans ses détails.

Mort ailleurs. Diverses affirmations font arriver Miller à Paris et l'y font mourir, dans des circonstances que l'armée aurait dissimulées. Aucune preuve documentaire n'a jamais étayé aucune version, et l'origine en est la rumeur d'après-guerre plutôt qu'un document.

Où en est-on

Aucune épave n'a été retrouvée. La Manche n'est pas profonde à l'échelle océanique, mais elle est fortement envasée, très fréquentée et remplie d'épaves de guerre, ce qui rend l'identification d'un petit appareil isolé extrêmement difficile.

La réponse banale — un petit appareil mal équipé pénétrant des conditions givrantes au-dessus de l'eau en décembre — n'exige aucune hypothèse supplémentaire et rend compte de tout ce que l'on sait. C'est aussi celle qui retient le moins l'attention, ce qui est le schéma habituel dans ce genre d'affaires.

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