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D.B. Cooper : le mystère aérien complet

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Le 24 novembre 1971, un homme se présentant sous le nom de Dan Cooper embarque sur le vol Northwest Orient 305 de Portland vers Seattle, remet un billet à une agente de bord et lui montre ce qui semble être une bombe dans sa mallette. Il exige 200 000 dollars en coupures de vingt et quatre parachutes. Il les obtient. Puis il saute par l'arrière d'un Boeing 727 quelque part au-dessus du sud-ouest de l'État de Washington, et disparaît. C'est le seul pirate de l'air jamais identifié de l'histoire de l'aviation américaine.

Ce qu'il savait

Le détail qui maintient ce dossier vivant depuis cinquante ans, c'est la précision de ses exigences et leur adéquation avec l'appareil.

Le Boeing 727 disposait d'un escalier arrière sous la queue, abaissable en vol — une particularité presque unique parmi les avions de ligne. Cooper ordonne à l'équipage de voler à basse altitude et à faible vitesse, volets à 15 degrés et train sorti : une configuration qui garde l'appareil contrôlable assez lentement pour rendre un saut survivable. Il demande quatre parachutes plutôt qu'un, ce qui interdisait aux enquêteurs de lui remettre du matériel saboté, puisqu'il pouvait en équiper un otage.

Cela dénote-t-il une formation militaire au parachutisme, une expérience aéronautique ou des recherches méticuleuses? On en débat depuis. Cela exclut l'improvisation.

Ce qui s'est passé après le saut

Il abaisse l'escalier quelque part entre Seattle et Reno et s'élance dans la pluie, l'obscurité et des températures glaciales en altitude, au-dessus d'un terrain lourdement boisé. L'équipage ressent une variation de pression et constate ensuite l'escalier abaissé et Cooper disparu.

Des recherches considérables suivent sur toute la zone de largage estimée. Aucun parachute, aucun corps, aucune mallette, aucun équipement n'a jamais été retrouvé.

L'unique trace physique

En février 1980, un garçon creusant sur un banc de sable du fleuve Columbia, à Tena Bar, découvre trois liasses de billets de vingt dollars en décomposition. Les numéros de série correspondent à la rançon. C'est la seule partie de l'argent jamais retrouvée, et le seul lien physique tangible avec l'affaire.

Elle a d'ailleurs compliqué les choses plutôt que de les résoudre. L'emplacement ne se situe pas de façon évidente en aval de la zone de largage la plus probable, et l'état des liasses a servi à défendre plusieurs scénarios incompatibles : que Cooper serait mort à l'atterrissage et que l'argent aurait dérivé jusque-là, qu'il l'aurait enterré, ou que l'argent aurait atteint le fleuve des années plus tard par une autre voie. Aucune de ces hypothèses n'est établie.

Pourquoi cela ne s'est jamais reproduit

La méthode de Cooper a suscité une vague d'imitateurs, et l'industrie a fermé la porte directement. Boeing a mis au point la « palette Cooper » — un verrou aérodynamique mécanique empêchant l'abaissement de l'escalier arrière en vol. Elle a été installée sur toute la flotte de 727. La technique qui a rendu le détournement possible est impossible depuis.

L'environnement général a changé aussi. Le contrôle systématique des passagers a été instauré aux États-Unis en 1973, mettant fin à l'époque où l'on pouvait monter à bord avec une mallette dont personne n'avait vu l'intérieur.

Où en est le dossier

Le FBI a officiellement suspendu l'enquête active en 2016, après 45 ans, redéployant ses ressources tout en laissant le dossier ouvert à d'éventuelles preuves matérielles comme les parachutes ou le reste de l'argent. Des dizaines de suspects ont été avancés au fil des décennies, plusieurs portés par des campagnes publiques déterminées. Aucun n'a été confirmé, et le Bureau n'en a jamais soutenu un publiquement.

L'explication la plus probable, et la moins satisfaisante, est qu'un homme a sauté dans une pluie glaciale au-dessus d'une forêt, de nuit, et n'y a pas survécu — et que le terrain l'a gardé. Mais l'argent de Tena Bar est réel, et ce récit ne l'explique pas entièrement non plus. C'est cet écart qui fait durer l'affaire.

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