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Vol TWA 800 : l’explosion qui a réécrit les règles des réservoirs

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Le 17 juillet 1996, le vol TWA 800 explose douze minutes après avoir quitté New York pour Paris et tombe dans l'Atlantique au large de Long Island. Les 230 personnes à bord périssent. Des centaines de témoins au sol rapportent avoir vu une traînée lumineuse monter vers l'appareil, et la thèse du missile s'impose immédiatement sans jamais tout à fait disparaître.

Ce qu'a fait l'enquête

Le NTSB a mené une enquête de quatre ans, l'une des plus longues et des plus coûteuses de son histoire. Plus de 95 % de l'appareil a été récupéré au fond et réassemblé dans un hangar de Calverton, dans l'État de New York — une reconstruction physique de 747 devenue le modèle de l'analyse d'épave à grande échelle.

La reconstruction a montré une séquence de rupture débutant au réservoir central de voilure, de l'intérieur vers l'extérieur. Aucune pénétration extérieure compatible avec un missile ou une bombe, et aucun profil de résidus explosifs compatible avec l'un ou l'autre. Le FBI a mené une enquête criminelle parallèle et l'a close en 1997, sans preuve d'acte criminel.

Ce qui s'est réellement passé

Le réservoir central était presque vide, mais un réservoir vide ne l'est pas : il contient des vapeurs de carburant et de l'air. Sur cet appareil, le réservoir surplombait les groupes de conditionnement d'air, en fonctionnement au sol depuis des heures sous la chaleur de juillet, réchauffant le réservoir et ses vapeurs jusqu'à une température rendant le mélange inflammable.

La source d'inflammation n'a pu être identifiée avec certitude. La cause probable retenue est un court-circuit à l'extérieur du réservoir ayant transféré une surtension dans le câblage du système d'indication de quantité de carburant situé à l'intérieur — une étincelle là où aucune n'avait été jugée crédible, puisque l'hypothèse de conception voulait que le réservoir ne contienne pas de mélange inflammable.

Les témoignages

La traînée lumineuse vue par de nombreuses personnes a été longuement examinée. L'enquête a conclu qu'elle correspondait à l'appareil lui-même après l'explosion initiale : le nez s'est détaché, et la cellule restante, moteurs encore en marche, a cabré et brièvement monté en brûlant avant de tomber. Les enquêteurs ont reconstitué les lignes de visée et la chronologie, et les observations rapportées correspondaient à cette séquence plutôt qu'à un missile ascendant. L'explication n'a pas convaincu tout le monde.

Ce qui a changé

Les conséquences furent substantielles et se retrouvent sur tous les avions volant aujourd'hui. La FAA a imposé des systèmes d'inertage des réservoirs sur les avions de transport neufs et leur installation sur une grande partie de la flotte existante — de l'air enrichi en azote est injecté dans le ciel du réservoir pour maintenir l'oxygène sous le seuil entretenant la combustion. Les exigences d'inspection et de séparation du câblage autour des circuits carburant ont été nettement durcies.

Le déplacement de fond fut conceptuel : l'industrie a cessé de considérer un réservoir vide comme un espace inoffensif et s'est mise à gérer l'inflammabilité des vapeurs qu'il contient.

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