Le 2 juin 1983, le vol Air Canada 797 croise de Dallas vers Montréal via Toronto lorsqu'un incendie se déclare dans les toilettes arrière du DC-9. L'équipage se déroute vers Cincinnati et se pose. Quatre-vingt-dix secondes après l'ouverture des portes, la cabine s'embrase. Sur les 46 personnes à bord, 23 meurent. Cet accident explique l'aspect actuel des cabines.
L'incendie
Les disjoncteurs du moteur de chasse d'eau des toilettes arrière déclenchent à répétition. L'agente de bord signale ensuite de la fumée. L'équipage y voit d'abord une anomalie électrique du genre qui se résorbe.
Le temps que la gravité apparaisse, le feu se trouve dans l'habillage de la cabine, hors d'atteinte, brûlant des matériaux produisant une fumée dense et toxique. La cabine se remplit. Les passagers gagnent l'avant et s'allongent au sol pour respirer.
Le commandant Donald Cameron et le copilote Claude Ouimet effectuent une descente rapide, les instruments devenant illisibles à travers la fumée, et se posent à Cincinnati environ dix-sept minutes après la première indication.
L'embrasement
L'appareil s'immobilise et les portes et issues sont ouvertes. Cela introduit de l'oxygène dans une cabine surchauffée pleine de produits de combustion non brûlés.
Le résultat est un embrasement généralisé — toute la cabine s'enflammant presque d'un coup. Cela se produit en quelques secondes. Ceux qui atteignent les issues immédiatement survivent; ceux qui progressent encore dans l'allée, non. Les deux pilotes s'en sortent. Vingt-trois passagers, non.
Ce qui a changé, et la liste est longue
L'enquête du NTSB a produit l'un des ensembles de changements de sécurité en cabine les plus étendus de l'histoire de l'aviation. Presque tout est visible lors de votre prochain vol.
- Le balisage lumineux au sol. La bande lumineuse le long de l'allée existe parce que les passagers de l'AC797 ne voyaient pas les issues à travers la fumée à hauteur de tête.
- Les détecteurs de fumée dans les toilettes. Obligatoires, d'où le détecteur et la plaque interdisant d'y toucher.
- Les extincteurs automatiques dans les poubelles de toilettes. Installés pour qu'un feu de poubelle soit étouffé sans que personne ait à le remarquer.
- Les coussins de sièges ignifugés. Les matériaux de cabine ont dû résister à l'inflammation et ralentir la propagation, visant directement le mécanisme d'embrasement.
- Les procédures et la formation à l'évacuation ont été révisées, avec bien plus d'insistance sur la sortie immédiate plutôt qu'ordonnée.
- Les moyens de lutte contre l'incendie et la formation des équipages en cabine ont été renforcés.
La doctrine qu'il a établie
Le changement de fond porte sur le traitement d'un feu en vol. Avant l'AC797, une indication de fumée était quelque chose à diagnostiquer. Après, la doctrine est devenue : un incendie non maîtrisé que vous ne voyez pas et ne pouvez atteindre vous laisse quelques minutes, et vous vous posez immédiatement.
Ce principe fut renforcé quinze ans plus tard par Swissair 111 au large de la Nouvelle-Écosse, où la même catégorie de feu caché a progressé plus vite qu'un équipage ne pouvait l'évaluer. Ces deux accidents liés au Canada définissent ensemble la façon dont l'industrie traite aujourd'hui une fumée d'origine inconnue.
Il faut le dire clairement : si vous avez déjà remarqué les petites lumières le long du plancher d'une allée, vous regardez un mémorial à vingt-trois personnes mortes à Cincinnati en 1983.