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Comment la sûreté aéroportuaire a évolué depuis les années 1970

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La sûreté aéroportuaire n'est pas un système conçu. C'est une sédimentation de réponses, chaque couche ajoutée après un événement précis. La lire dans l'ordre rend la file beaucoup plus compréhensible.

1973 : le filtrage universel

Avant cela, personne n'était fouillé. La vague de détournements de 1968-1972 — plus d'une centaine d'incidents aux États-Unis, parfois plus d'un par semaine — s'est achevée par l'obligation faite par la FAA de filtrer tous les passagers et bagages de cabine. Détecteurs de métaux et appareils à rayons X sont apparus dans chaque aéroport américain, et la pratique s'est généralisée. Les détournements ont immédiatement chuté.

1988 : bagages de soute et explosifs

Le vol Pan Am 103 est détruit au-dessus de Lockerbie par une bombe placée dans un bagage enregistré, faisant 270 morts. La réponse fut la réconciliation bagages-passagers — la règle voulant qu'un bagage enregistré ne parte pas sans son passager — et le déploiement de systèmes de détection d'explosifs pour la soute. C'est pourquoi un passager en retard fait retirer son bagage de la soute.

1994 : liquides et engins assemblés

Le complot Bojinka a démontré l'emport d'un explosif liquide sous forme d'articles de toilette, assemblé en vol. La recherche en détection a démarré, même si les restrictions visibles sont venues plus tard.

2001 : l'accès au poste de pilotage

Septembre 2001 a déplacé l'objectif. Le filtrage visait à arrêter des armes; il s'agissait désormais d'empêcher quiconque d'atteindre les commandes. Les portes de poste blindées sont devenues obligatoires, les programmes d'agents de sûreté à bord se sont étendus, et aux États-Unis le filtrage a été fédéralisé sous une nouvelle agence. La liste des articles interdits s'est nettement allongée.

2001 : les chaussures

En décembre 2001, Richard Reid tente de faire détoner des explosifs dissimulés dans ses chaussures sur un vol transatlantique. Le déchaussage au contrôle découle directement de ce seul incident.

2006 : les liquides

Un complot visant à détruire plusieurs appareils transatlantiques au moyen d'explosifs liquides transportés en boissons gazeuses est déjoué au Royaume-Uni. La réponse fut la règle des 100 ml et le sac transparent — la mesure de sûreté la plus visible et la plus critiquée au monde, et la plus directement traçable à un événement unique.

2009 : les scanners corporels

Umar Farouk Abdulmutallab tente de faire détoner des explosifs dissimulés dans ses sous-vêtements sur un vol en approche de Detroit. Les détecteurs de métaux ne peuvent trouver un explosif non métallique sur un corps. Les scanners à ondes millimétriques et à rétrodiffusion ont été déployés rapidement ensuite.

2010 : le fret aérien

Des engins explosifs dissimulés dans des cartouches d'imprimante sont interceptés dans des envois de fret à destination des États-Unis. Les exigences de filtrage du fret ont été nettement durcies, un domaine bien moins traité que le filtrage des passagers.

Ce que montre le schéma

La sûreté aérienne est réactive par construction. Chaque mesure ferme une méthode déjà employée, ce qui explique que la file paraisse arbitraire tant qu'on n'en connaît pas l'ordre.

L'évolution la plus intéressante est le mouvement récent en sens inverse : les scanners à tomodensitométrie entrant en service résolvent un bagage en trois dimensions assez finement pour que liquides et ordinateurs n'aient plus à être sortis. Les aéroports qui en sont équipés reviennent discrètement sur deux des règles les plus détestées — non parce que la menace a changé, mais parce que la détection a fini par rattraper son retard.

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