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Comment les enquêteurs retrouvent un avion au fond de l'océan

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Retrouver un avion sur un fond marin à plusieurs kilomètres est un problème de recherche, et on le résout en rétrécissant la zone de façon répétée plutôt qu'en cherchant plus fort. Il y a quatre étapes, chacune employant une technologie différente et réduisant le problème d'environ un ordre de grandeur.

Étape un : définir la boîte

La zone de départ découle de la dernière position connue de l'appareil, de sa trajectoire probable, de son état de carburant et de ses performances. Pour l'AF447, c'était simple — l'appareil avait transmis des messages ACARS durant l'événement, on avait donc une position et une heure. Pour le MH370, il a fallu dériver un arc à partir d'échanges satellite jamais conçus pour localiser quoi que ce soit.

Cette étape produit une zone se mesurant en milliers ou dizaines de milliers de kilomètres carrés.

Étape deux : l'analyse de dérive

Tout ce qui flotte — débris, coussins, gilets, corps — est retrouvé en surface, parfois des jours plus tard et à des centaines de kilomètres du point d'impact. Des océanographes remontent courants et vents à partir de chaque découverte, construisant un champ de probabilité du lieu d'entrée dans l'eau.

Pour l'AF447, cela fut fait en quelques jours. Pour le MH370, les premiers débris sont apparus seize mois plus tard, de l'autre côté d'un océan, ce qui a rendu la modélisation inverse bien plus grossière.

Étape trois : écouter

Si la recherche atteint la zone dans la durée de vie de la balise, des navires remorquent des hydrophones à travers la boîte pour capter le pinger de l'enregistreur. C'est la façon la plus rapide de trouver l'appareil, et c'est l'étape qui a échoué pour l'AF447 comme pour le MH370, pour la même raison : la boîte n'a pas été définie à temps.

Étape quatre : lever le fond

Quand les balises se sont tues, la seule méthode restante est de cartographier le fond et d'y chercher ce qui n'a rien à y faire.

Les recherches modernes emploient des véhicules sous-marins autonomes porteurs de sonar latéral. Chaque véhicule descend à une hauteur donnée au-dessus du fond, vole un motif de tonte programmé pendant un jour ou plus, refait surface et décharge son imagerie sonar. Des analystes y cherchent les formes géométriques et les ombres acoustiques qui distinguent une épave d'un rocher.

C'est lent, coûteux et méthodique. L'épave de l'AF447 fut retrouvée ainsi en 2011, dans une zone déjà fouillée et écartée lors d'une phase antérieure — rappel qu'un résultat négatif à cette étape signifie « non détecté », non « absent ».

Ce qui rend l'exercice difficile

La profondeur limite les véhicules utilisables et la durée de chaque plongée. Le relief compte énormément : un champ de débris sur une plaine abyssale plate ressort, alors que le même champ parmi dorsales, canyons ou roches volcaniques peut être acoustiquement invisible. Et une grande partie des grands fonds n'a jamais été cartographiée à une résolution utile, si bien que les chercheurs produisent souvent la première carte détaillée de la zone au fur et à mesure.

Les recherches du MH370 ont produit un levé bathymétrique d'une vaste portion du sud de l'océan Indien, aujourd'hui une ressource scientifique à part entière. Elles n'ont pas trouvé l'appareil.

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