« La pire catastrophe aérienne » a au moins quatre réponses exactes, parce que la question dissimule un choix sur ce que l'on compte.
Accident le plus meurtrier : Tenerife, 1977
Deux Boeing 747 entrent en collision sur la piste de Los Rodeos, à Tenerife, le 27 mars 1977. 583 personnes meurent. C'est la réponse au sens où la plupart des gens l'entendent — le bilan le plus lourd d'un accident aérien. Il impliquait deux appareils au sol, dans le brouillard, et aucune défaillance mécanique.
Accident le plus meurtrier impliquant un seul appareil : Japan Airlines 123, 1985
Un Boeing 747SR subit une décompression explosive après la rupture d'une réparation de sa cloison étanche arrière, ce qui détruit la majeure partie de sa dérive et l'ensemble des circuits hydrauliques. Il vole encore 32 minutes avant de s'écraser en zone montagneuse. 520 des 524 personnes à bord périssent. Quatre survivent.
Pire collision en vol : Charkhi Dadri, 1996
Un 747 de Saudia et un Il-76 de Kazakhstan Airlines entrent en collision près de Delhi le 12 novembre 1996, faisant 349 morts. L'accident a imposé l'adoption des systèmes anticollision embarqués dans l'espace aérien indien et accéléré leur généralisation mondiale.
Événement le plus meurtrier impliquant des avions : 11 septembre 2001
Les attentats du 11 septembre 2001 ont tué près de 3 000 personnes au moyen de quatre appareils détournés. Ils ne figurent habituellement pas dans les statistiques d'accidents puisqu'il ne s'agissait pas d'accidents, mais toute réponse honnête à la question doit les mentionner.
Pourquoi la distinction compte
Chacun de ces records a produit des changements différents. Tenerife a réécrit la phraséologie radio et créé le Crew Resource Management. JAL123 a réécrit le contrôle des réparations structurales. Charkhi Dadri a accéléré l'anticollision. Le 11 septembre 2001 a transformé les portes de poste de pilotage et la sûreté aéroportuaire mondiale.
Il vaut la peine de noter ce que ces records ont en commun : aucun des records techniques n'a été battu depuis. Tenerife tient depuis près de cinquante ans, JAL123 depuis quarante. Le trafic aérien a énormément crû dans cet intervalle, et le taux d'accidents a baissé plus vite encore.