Les véritables mystères de l'aviation sont plus rares que ne le laissent croire les récits populaires. La plupart des disparitions qualifiées d'inexpliquées se révèlent, à l'examen, dotées d'une explication défendable simplement moins intéressante que les alternatives. Ces dix-là sont celles où la question reste réellement ouverte.
1. Malaysia Airlines MH370 (2014)
Un Boeing 777 avec 239 personnes à bord fait demi-tour, vole près de sept heures et n'a jamais été localisé. Les échanges satellite et les débris récupérés contraignent son trajet. Rien n'établit pourquoi.
2. Amelia Earhart (1937)
Disparue en cherchant une île de deux kilomètres dans le Pacifique. La chute suivie du naufrage colle le mieux aux preuves, mais aucune épave n'a jamais été identifiée, et deux thèses concurrentes persistent sur des éléments non concluants.
3. D.B. Cooper (1971)
Le seul pirate de l'air jamais identifié de l'histoire américaine. Il a sauté d'un 727 au-dessus de l'État de Washington avec 200 000 dollars et n'a jamais été retrouvé. Une récupération partielle de la rançon en 1980 complique plus qu'elle n'explique.
4. Flying Tiger Line 739 (1962)
Un Super Constellation transportant 107 personnes disparaît au-dessus du Pacifique occidental. L'équipage d'un pétrolier a signalé une lueur vive et des objets en chute. Aucune épave retrouvée dans des eaux parmi les plus profondes du globe.
5. Star Tiger et Star Ariel (1948, 1949)
Deux Avro Tudor de la même petite compagnie disparaissent dans la même région en douze mois, sans appel de détresse ni débris. Deux pertes d'un type problématique suggèrent une cause technique que nul n'a pu prouver.
6. Varig 967 (1979)
Un Boeing 707 cargo disparaît trente minutes après Tokyo avec six membres d'équipage et 153 toiles à bord. L'un des très rares gros jets jamais perdus sans laisser de trace.
7. Frederick Valentich (1978)
Un jeune pilote décrit un objet au-dessus de son Cessna à un contrôleur, puis disparaît au-dessus du détroit de Bass. La transcription est officielle et le son final n'a jamais été expliqué. La désorientation spatiale en couvre l'essentiel, pas la totalité.
8. Glenn Miller (1944)
Un monomoteur perdu au-dessus de la Manche en conditions givrantes. La réponse la plus probable est banale, mais des versions concurrentes persistent et aucune épave n'a été retrouvée.
9. Vol 19 (1945)
Cinq Avenger de la Marine et un hydravion de secours perdus au large de la Floride. Les transcriptions radio rendent l'erreur de navigation raisonnablement claire; ce qui n'a jamais été résolu, c'est l'endroit où ils ont touché l'eau.
10. Les premières pertes du Comet et le vol BOAC 781
La cause technique fut résolue avec brio. Ce qui reste débattu est institutionnel : comment une flotte a pu être remise en service après la première rupture en vol sur des hypothèses qui se sont révélées fausses.
Ce qu'ils ont en commun
Presque tous impliquent des eaux profondes, et presque tous sont antérieurs à la technologie qui les aurait résolus. Un appareil perdu au-dessus des terres est habituellement retrouvé. Un appareil perdu au-dessus d'un océan de quatre kilomètres de fond, avant l'ère de la recherche sous-marine autonome, ne l'est généralement pas.
L'autre fil commun est l'absence d'enregistreur. Chacun de ces cas est soit antérieur aux enregistreurs de vol, soit les a perdus avec l'appareil. Si les accidents modernes sont presque toujours expliqués, ce n'est pas parce que les avions modernes tombent en panne de façon plus compréhensible. C'est parce qu'ils embarquent deux boîtes orange qui survivent.