Air Canada existe parce que le Parlement a décidé en 1937 qu'un pays aussi vaste avait besoin d'une compagnie aérienne et qu'aucune entreprise privée n'en bâtirait une. Presque tout ce qui a suivi découle de cette origine.
Les Lignes aériennes Trans-Canada, 1937-1964
Créées par la Loi sur les Lignes aériennes Trans-Canada comme filiale des Chemins de fer nationaux du Canada, les LATC étaient une société d'État dotée d'un mandat public : relier le pays. Elles assurent leur premier service transcontinental en 1939, de Montréal à Vancouver, et s'étendent au transatlantique après la guerre.
Le mandat public impliquait de desservir des liaisons peu attrayantes commercialement, ce qui a façonné la structure de coûts de la compagnie pendant des décennies.
Devenir Air Canada, 1965
Le changement de nom a suivi des années de pression, notamment du député libéral Jean Chrétien, qui soutenait que la compagnie d'un pays bilingue avait besoin d'un nom fonctionnant dans les deux langues. « Trans-Canada Air Lines » n'avait pas d'équivalent français naturel; « Air Canada » est identique dans les deux. La loi fut adoptée en 1964 et le nom prit effet en 1965.
La privatisation, 1988-1989
Le gouvernement Mulroney privatise Air Canada en deux tranches, mettant fin à cinquante ans de propriété publique. La déréglementation de l'aviation canadienne se déroule en parallèle, mettant fin à l'époque où routes et tarifs étaient attribués par le gouvernement.
Le résultat fut un marché concurrentiel pour lequel Air Canada n'était pas structurée, face aux Lignes aériennes Canadien International, assemblées à partir de Pacific Western, CP Air et d'autres.
La fusion avec Canadien, 2000
Les deux transporteurs ont passé les années 1990 à perdre de l'argent sur des liaisons qu'ils exploitaient l'un contre l'autre. Canadien approche de l'insolvabilité, et au terme d'un processus de prise de contrôle disputé, Air Canada l'acquiert en 2000.
L'intégration fut difficile — deux effectifs, deux flottes, deux cultures et une fusion des listes d'ancienneté qui a généré des litiges pendant des années — et elle a laissé Air Canada avec un quasi-monopole sur les grandes liaisons intérieures au moment même où arrivait la concurrence à bas prix.
La protection de la faillite, 2003-2004
L'effondrement du trafic après 2001, l'effet de l'épidémie de SRAS sur Toronto, le coût élevé du carburant et la dette issue de la fusion avec Canadien poussent ensemble Air Canada à demander la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies en avril 2003.
Elle se restructure, réduit ses coûts et en ressort en 2004 sous une nouvelle structure de portefeuille, ACE Aviation. Aéroplan et Jazz sont détachés en entités distinctes durant cette période, et Air Canada rachètera Aéroplan en 2019.
Où elle en est
Air Canada est membre fondateur de Star Alliance, opère depuis Toronto, Montréal et Vancouver, et dessert environ 180 destinations. Sa flotte comprend l'Airbus A220 — l'ancienne CSeries de Bombardier, toujours assemblée au Québec.
Le fil qui remonte à 1937 est visible dans les obligations attachées au nom. Air Canada est assujettie à la Loi sur les langues officielles, héritage de son statut de société d'État qu'aucune autre compagnie canadienne ne porte, et son réseau reflète encore un mandat de relier un pays dont la population s'égrène le long d'une très longue ligne.