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La disparition d'Amelia Earhart

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Le 2 juillet 1937, Amelia Earhart et le navigateur Fred Noonan quittent Lae, en Nouvelle-Guinée, à bord d'un Lockheed Electra 10E, en direction de l'île Howland. Ils abordent l'étape la plus longue et la plus difficile d'une tentative de tour du monde. Ils n'arriveront jamais. Les recherches qui suivirent furent les plus vastes et les plus coûteuses de l'histoire américaine à ce jour, et elles n'ont rien trouvé.

Ce qui rendait l'étape si difficile

L'île Howland fait environ deux kilomètres de long et dépasse à peine le niveau de la mer, à quelque 4 000 kilomètres de Lae en plein Pacifique. La trouver exigeait une navigation astronomique d'une précision ne laissant presque aucune marge, puis une acquisition visuelle.

Le garde-côte américain Itasca était posté à Howland pour fournir des relèvements radio. C'est là que la tentative s'est défaite. Les transmissions d'Earhart étaient reçues par l'Itasca, mais elle ne semblait pas entendre les réponses du navire, et la radiogoniométrie censée la guider n'a pas fonctionné. Une antenne filaire traînante qui aurait amélioré sa réception en basse fréquence aurait été laissée au sol, et les fréquences employées de part et d'autre ne concordaient pas.

Ses dernières transmissions confirmées décrivent une progression sur une ligne de position nord-sud et un carburant bas. Puis plus rien.

Les trois thèses

Chute et naufrage. L'appareil est tombé en panne sèche et a coulé près de Howland. C'est la conclusion de l'enquête officielle et la position de la plupart des historiens. Elle n'exige aucune hypothèse supplémentaire et explique l'absence d'épave — le fond y est à plusieurs kilomètres.

Nikumaroro. Ils auraient atteint l'île Gardner, aujourd'hui Nikumaroro, 600 kilomètres au sud, se seraient posés sur le platier corallien et seraient morts en naufragés. Cette thèse a motivé plusieurs expéditions, et ses partisans invoquent des signaux radio postérieurs à la disparition, un squelette partiel trouvé en 1940 dont les mesures ont été réanalysées, et de petits artefacts. Rien de tout cela n'a produit d'identification, et les artefacts sont contestés.

Capture par le Japon. Ils se seraient posés en territoire japonais et auraient été faits prisonniers. Cette version circule depuis les années 1940 et refait périodiquement surface avec une photographie ou un prétendu témoin. Aucune preuve documentaire dans les archives japonaises ou américaines ne l'a jamais étayée, et les affirmations précises avancées se sont effondrées à l'examen à plusieurs reprises.

Où en est-on

Des recherches par grands fonds près de Howland ont été montées à plusieurs reprises, au sonar et par véhicules autonomes, et périodiquement un écho prometteur apparaît avant de ne pas se confirmer. La technologie existe désormais pour fouiller correctement le fond. La zone est immense et la cible minuscule.

La position honnête est la même que pour le MH370 : l'explication la plus simple s'accorde aux preuves, mais tant qu'aucune épave n'est identifiée, elle n'est pas établie. Ce qui est établi, c'est un enchaînement de petits problèmes évitables — un dispositif radio qui n'a pas fonctionné entre deux parties persuadées chacune du contraire.

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