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De Havilland Canada

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De Havilland Canada est établie à Downsview, à Toronto, en 1928, comme filiale de la maison mère britannique. Ce qui l'a rendue importante, c'est qu'elle a cessé de construire des conceptions britanniques pour construire selon les conditions canadiennes — et découvert que le reste du monde connaissait les mêmes conditions.

Le problème qu'elle a résolu

Le Canada au nord de la zone habitée n'a pas de pistes. Il a des lacs, des bancs de gravier, de la toundra et de courtes clairières. Desservir ce pays exigeait des appareils capables de décoller et d'atterrir sur très peu de distance, d'emporter une charge utile, d'opérer sur flotteurs ou sur skis, et d'être réparés par qui se trouvait sur place.

Le décollage et l'atterrissage courts — STOL — sont devenus toute l'identité de l'entreprise.

Les appareils

DHC-2 Beaver (1947). L'avion de brousse par excellence. Conçu après avoir consulté directement les pilotes de brousse canadiens sur leurs besoins réels, qui se résumaient à des portes assez grandes pour un baril d'huile et à la capacité de quitter un petit lac à pleine charge. Plus de 1 600 exemplaires construits, et des centaines volent encore.

DHC-3 Otter (1951). Un Beaver agrandi, même philosophie.

DHC-4 Caribou (1958). Un transport militaire STOL bimoteur, largement employé au Vietnam par l'armée américaine pour sa capacité à opérer depuis de courtes pistes sommaires.

DHC-6 Twin Otter (1965). Le plus grand succès commercial de tous — un bi-turbopropulseur de dix-neuf places qui dessert les sauts inter-îles, les communautés arctiques, la recherche antarctique et les pistes de montagne. Sa production a repris dans les années 2000 après des décennies, parce que rien ne l'avait remplacé.

DHC-7 Dash 7 (1975). Un avion de ligne STOL quadrimoteur, assez silencieux pour les aéroports de centre-ville. Commercialement décevant, techniquement remarquable — c'est l'appareil qui a rendu viable l'aéroport de London City.

DHC-8 Dash 8 (1984). La percée commerciale. Un avion régional bi-turbopropulseur vendu à plus d'un millier d'exemplaires. Porter exploite le Q400 depuis Billy Bishop, aéroport qui existe en grande partie parce que les appareils DHC peuvent l'utiliser.

Le carrousel de propriétaires

L'histoire corporative de l'entreprise est presque aussi mouvementée que ses produits. Britannique jusqu'à sa nationalisation par le gouvernement canadien en 1974. Vendue à Boeing en 1986. Revendue par Boeing à Bombardier en 1992. Le programme Dash 8 cédé par Bombardier à Longview Aviation en 2019, qui a fait revivre le nom De Havilland Canada.

Longview détient aussi les certificats de type des anciennes conceptions à pistons et à turbopropulseurs, et a relancé la production du Twin Otter.

Pourquoi cela compte

De Havilland Canada est l'exemple le plus net d'une réussite industrielle canadienne bâtie en résolvant bien un problème canadien plutôt qu'en concurrençant sur le terrain d'autrui. Le Beaver et le Twin Otter ont ouvert le Nord canadien, puis se sont vendus dans tous les pays dont le relief maltraite les appareils conventionnels.

Le Beaver a été désigné parmi les plus grandes réalisations d'ingénierie canadiennes du vingtième siècle, et il figure sur un timbre-poste. C'est l'un des très rares avions à être aussi un symbole national.

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